Iaijutsu ou Iaido?

Le mot iai 居合 contient l’idée de rencontrer un adversaire qui vous attaque. Il y a une légére nuance défensive dans ce terme. Iaijutsu et iaido sont des arts martiaux qui débutent avec le sabre dans le Saya (fourreau). Alternativement, l’art de dégainer la sabre est appelé Battōdō 抜刀道 ou Battōjutsu 抜刀術. Battō signifie tirer le sabre du saya. 

Dans le Iaijutsu les techniques sont centrées autour de la réponse à une agression lorsque le sabre est dans le Saya, ou de déployer le sabre pour « agir agressivement ». Il y a certains composants principaux dans le Iaijutsu comme nukitsuke, kiriotoshi, chiburi et noto

Les Composantes du Iaijutsu

Nukitsuke

Le premier composant majeur du Iaijutsu est dégainer et déployer le sabre. Cela peut se représenter quelque fois comme tirer et couper en un seul mouvement. C 'est ce à quoi le terme Nukitsuke se réfère, bien que le premier mouvement du sabre ne soit pas tout le temps destiné à couper. Chaque école a des méthodes différentes pour dégainer et utiliser le sabre une fois pleinement sorti du Saya.

Furikaburi

Il y a un composant mineur du Iaijutsu qui suit parfois le tirage ou le déploiement inital du sabre. Ce mouvement est généralement appelé furikaburi. Ce mouvement amène le sabre autour de la tête pour commencer la coupe suivante (ou finale). Certaines techniques ne l'utilisent pas. Il peut souvent être absent de certains Waza.

Kiriotoshi

Le second composant majeur du Iaido est kiriotoshi or kiritsuke. Habituellement après le déploiement du sabre, il y a une frappe importante considérée comme le "coup de grâce". Cependant ce n'est pas toujours la dernière frappe de la forme. Kiriotoshi est parfois appelé kirioroshi. Kiriotoshi signifie "coupe tombante" ou abattre. Ces coupes sont parmis le plus puissantes au sabre. Certaines écoles ont des méthodes de Kiriotoshi totalement différentes. Dans le Shinkan-ryū Kenpō, le kiriotoshi présente certains aspects subtils qui sont importants à ses pratiques.

Kiritsuke

La deuxième partie du second composant majeur du iaido est le Kiritsuke. Après Nukitsuke, peut suivre une frappe du sabre qui n'est pas le "coup de grâce". Cela peut également être une série de frappes. Celles-ci sont habituellement appelées Kiritsuke. Cela veut dire couper/taillader. Iaido et Iaijutsu présentent généralement le kiriotoshi ou le kiritsuke. Beaucoup de techniques comportent les deux.

Chiburi

Le troisième composant du iaido est le chiburi. Après avoir terminé toutes les frappes, l'acte de chiburi est réalisé avant le retour de l'épée au fourreau. Chiburi est l’acte symbolique de retirer le sang de l'épée. Cela se fait de multiples façons. De nombreuses écoles à travers l'histoire ont utilisé différentes méthodes. Cette action a principalement un but d’entrainement. Certaines écoles n'ont pas vraiment de mouvement spécial pour enlever le sang de l’épée, mais elle ont à la place un moment similaire de concentration mentale (zanshin) subsistant une fois l'attaque terminée. Certaines écoles utilisent un tissu, leur hakama, ou même leur épaule pour essuyer le sang à la place du chiburi (Secouer le sang).

Nōtō

Le quatrième et dernier composant du iaido est Nōtō. Une fois le chiburi réalisé, le sabre est remis dans la saya. Il y a également beaucoup de styles de Nōtō différents. Nōtō est un moment où il s’agit de garder sa concentration et de ne surtout pas la perdre car il ne marque pas la fin de l’engagement.

Quelle est la différence entre le iaidō et le iaijutsu?

Dans le monde entier, l'art du iaijutsu est plus communément appelé iaidō. La question souvent posée est de savoir si iaido et iaijutsu sont les mêmes? Iaido et Iaijutsu font référence à l'art de tirer le sabre en attaque ou en défense.

La première différence à noter est la différence sémantique entre dō et jutsu. Dō ou michi 道 a la connotation du raffinement de la personnalité et de la formation spirituelle. Dans les arts qui utilisent le suffixe dō, les idées principales sont le développement personnel et l'esthétique et généralement moins leurs aspects combatifs. Jutsu 術 signifie art ou technique. Les styles qui utilisent habituellement le suffixe jutsu sont plus concernés par l’objectif de l'efficacité au combat.

La différence entre dō et jutsu peut donc être considérée comme uniquement sémantique.

Il y a parfois débat sur des sujets comme les applications martiales réelles du judo ou du Iaido. Le changement de nom de Jujutsu en Judo a toutefois pour origine la manière dont l’art a été développé au-delà de son objectif initial de compétence guerrière applicable sur le champ de bataille.

Les systèmes dō sont parfois considérés à tort comme inférieurs aux formes jutsu.

Le Kendō, bien que plus limité dans ses enseignements pour le combat au sabre, a bien sûr tout à fait sa place dans le spectre des arts du sabre Japonais. Il n’y aurait aucun intérêt à mettre de coté un tel art qui est tout à fait digne d’intérêt dans l’étude du sabre japonais.

Ne laissez pas le suffixe dō vous induire en erreur et vous faire penser que les techniques puissent être inférieures. De plus, les écoles de jutsu peuvent également contenir des points importants de développement personnel et spirituel. Donc, comme vous pouvez le constater, cette idée de différence entre dō et jutsu est un peu compliquée.

Si vous pensez, que c’est bien là une pente glissante, vous avez tout à fait raison. Vous devez toujours garder l'esprit ouvert et ne pas juger un livre à sa couverture. En Japonais on utilise également ces mots de manière interchangeable.

Le iaijutsu de Shinkan-ryū Kenpō se concentre moins sur l’objectif de paraitre parfait que d’être fidèle à sa véritable nature qui vient des méthodes originales de combat au sabre. Il existe au sein de Shinkan Ryu Kenpo de très intéressantes techniques de Iaijutsu sous de nombreuses formes et de différents niveaux.